bai hui

Bai Hui Cent réunions – (DM20) – Vingtième point du méridien extraordinaire Du Mai (vaisseau gouverneur)

Localisation. À l’intersection de la ligne médiane et d’une ligne qui relie l’apex des oreilles, 5 cun en arrière de la ligne antérieure des cheveux ou 7 cun au-dessus de la ligne postérieure des cheveux. On peut aussi mesurer ce point comme étant 8 cun en arrière de la glabelle et 6 cun au-dessus de la protubérance occipitale externe.

Le nom Cent réunions illustre la localisation de ce point sur la couronne crânienne, qui est le lieu de croisement de tout le Yang Qi du corps. En Inde, la région de ce point s’appelle « Lotus au Mille Pétales » et évoque une même compréhension des énergies situées en haut de la tête.

Comme de nombreux points d’acupuncture, Bai Hui s’est vu attribuer, dans les textes classi­ques, toute une variété d’autres noms reflétant les différents aspects de sa nature. Le nom de San Yang Wu Hui (Les cinq réunions des trois yang) insiste sur le fait que Bai Hui est le point de croisement du vaisseau Gouverneur avec les trois méridiens yang de la Vessie, de la Vésicule Biliaire et du Triple Réchauffeur, de même qu’avec le méridien du Foie. D’autres noms comme Tian Shan (Montagne du ciel), illustre sa localisation au sommet du corps, et Gui Men (Porte du fantôme) son influence sur les troubles psycho-émotionnels.

Bai Hui (Cent réunions)
Bai Hui (Cent réunions)

Commentaires

Bai Hui, situé à l’apex de la tête, est le point le plus haut et donc le plus yang du corps. C’est pourquoi il a une forte capacité à réguler le yang, que ce soit pour faire descendre le yang excessif ou pour faire monter le yang faible.

Selon l’Ode pour élucider les mystères :  » Le ciel, la terre et l’homme représentent les trois puissances. Bai Hui se fait l’écho du ciel, Xuan Ji se fait l’écho de l’homme et Yong Quan se fait l’écho de la terre ». C’est en ouvrant Bai Hui qu’on peut arriver à mieux absorber l’énergie du ciel et c’est en se concentrant sur Yong Quan qu’on peut s’enraciner dans l’énergie de la terre.

Certaines pratiques de Qi Gong cherchent à faire monter le yang en se concentrant sur le dantian supérieur (soit Bai Hui, soit Yin Tang). Cette pratique est contre-indiquée en cas de plénitude de yang, car la tendance naturelle du yang est de monter à la tête. La plupart des pratiquants devrait donc commencer par savoir faire descendre le qi, soit dans le dantian inférieur, soit au point Yong Quan, et faire circuler le Qi dans le petit circuit céleste (le vaisseau Gouverneur et le vaisseau Conception) avant de se concentrer à l’excès sur le dantian supérieur.

Par la conscience de l’axe et de la localisation de Bai Hui, à partir de l’appui des pieds (Yong Quan) on projette le corps vers une meilleure verticalité. Les tapotements sur Bai Hui peuvent permettre de faciliter la montée du Yang, et donc de rester éveillé dans des cas de somnolence indésirable (par exemple en conduisant !).

Sources : Deadman et Al-Khafaji, Manuel d’acupuncture page 552.
Lade, Images et fonctions des points d’acupuncture.
et sur cette page des infos complémentaires.

yong quan

Yong QuanSource Jaillissante – (R1) – Premier point du méridien Zu Shao Yin (méridien du Rein)

Localisation : sur la plante du pied, entre le 2ème et le 3ème os métatarsien, à la jonction du tiers antérieur et des deux tiers postérieurs de la plante du pied. C’est le seul point d’un méridien sur la plante du pied et donc le point le plus bas du corps.

yong quan, R1

Le nom Source Jaillissante évoque l’énergie fraîche (Yin) et active de ce point. Il fait référence à sa localisation en tant que premier point du méridien des Reins, à partir duquel le Qi du Méridien circule vers le haut et vers l’extérieur comme sortant d’une source ou d’une fontaine.

Commentaires

Yong Quan nourrit le Yin. Yong Quan a un puissant effet de dispersion de la plénitude dans le haut (Yang) en « faisant revenir ce qui n’est pas enraciné à sa source ». Ceci se retrouve dans l’affirmation de l’Ode pour élucider les Mystères qui dit « Yong Quan fait écho à la terre ». Également dans les autre noms de ce point tels que « Montée de la terre » et « Passage de la terre » (Dichong). Il a un effet calmant extrêmement puissant sur l’Esprit. Il s’utilise en cas d’anxiété intense ou de maladies mentales comme l’hypomanie.

Yong Quan est un point important dans la pratique du Qi Gong. En dirigeant l’esprit vers Source Jaillissante ou en inspirant et expirant par ce point, on ancre et fait descendre le Qi dans le dantian inférieur (champ de cinabre) . On aide ainsi le corps à absorber l’énergie Yin de la terre. Cette pratique est particulièrement recommandée chaque fois que le Yang excessif se rebelle et monte au Cœur, au Poumon et à la tête.

Yong Chuan favorise la production de Yin et la descente du Yang. Vous pouvez donc le masser ou le chauffer avec un bâton d’armoise avant le coucher pour favoriser l’endormissement. Un remède de médecine populaire consiste à tremper les pieds dans de l’eau chaude salée une quinzaine de minutes avant de dormir.

Sources : Deadman et Al-Khafaji, Manuel d’acupuncture. Maciocia, les Principes Fondamentaux de la Médecine Chinoise. Lade, Images et fonctions des points d’acupuncture.
et sur cette page, un bon article et des infos complémentaires.

Toute vie est mouvement

Tout ce qui est animé est en mouvement. Rien de ce qui est immobile ne vit. L’eau stagnante meurt, seule vit l’eau courante, l’eau vive.
De même pour notre corps ; pour qu’il vive véritablement il ne doit être ni immobile ni stagnant. Or, nous portons en nous, certaines parties immobiles ou stagnantes. Elles sont, depuis toujours, ou très longtemps inemployées, et s’amoindrissent faute d’être sollicitées et utilisées. Elles affaiblissent notre corps et diminuent non seulement sa vigueur physique mais aussi c’est facultés intellectuelles et mentales ; elles gênent la circulation de l’énergie, font obstacle à une perception d’ensemble, rompent l’harmonie. Aussi le mouvement se révèle-t-il indispensable pour la vie et l’épanouissement de tout notre être.

James KOU. Tai Chi Chuan – Harmonie du corps et de l’esprit. FFTCC 1979, p.13

Le qigong est-il taoïste ou confucéen ?

Voilà une question bien caricaturale qu’on entend trop souvent, tout aussi caricaturale que l’opposition convenue entre un taoïsme érigé en archétype du lâcher-prise et un confucianisme stigmatisé comme modèle de rigidité. Le mode Yin-Yang permet de sortir de ce faux dilemme. Le qigong, comme tout art chinois, n’est ni taoïste ni confucéen exclusivement ; comme tout ce qui est chinois, il relève à la fois de l’un et de l’autre sans antinomie, mais par cycles consécutifs. Tout art chinois, physique, artistique, moral, est avant tout un cheminement.
Le confucianisme jouit en Occident d’une image déplorable, toute faite de rigueur, de soumission à l’autorité, d’obéissance aux règles, de dévalorisation des femmes et de mépris du corps. Cette caricature, qui aurait horrifié Confucius sur lui-même, n’a que peu de rapport avec le message de droiture morale et d’exigence personnelle qui fonde l’enseignement du sage de Qufu (…).
À l’inverse, le taoïsme jouit d’une image lénifiante, qui en fait une sorte de credo cotonneux et confus grâce auquel chacun peut trouver son épanouissement personnel par l’harmonisation des contraires et la fusion avec le grand tout, pourvu qu’il accepte de ne pas trop réfléchir. Lao Zi est certes un très bon guide pour qui cherche à être plus à l’écoute de son corps, puisque les pratiques physiques taoïstes amène chacun à la développer en soi la perception du souffle interne, ce flux invisibles qui échappe à la perception mentale. Mais en même temps, tout pratiquant sincère le sait bien, l’apprentissage de n’importe quel art physique chinois, qigong, taijiquan, etc., n’a rien d’un long fleuve tranquille. Cela ressemble plutôt à une démarche exigeante qui demande résolution, endurance et ténacité, des qualités typiquement confucéennes.(…) Lao Zi apprend à être confucéen d’une manière légère ; Confucius enseigne à être taoïste d’une manière sérieuse.

 

Cyrille J.-D. JAVARY ; YIN YANG ; Albin Michel, 2018, p. 139

L’homme nait souple et mou.

L’homme nait souple et mou et meurt dur et rigide ; les arbres tendres et flexibles en naissant, une fois mort, sont secs et cassants.
C’est pourquoi il est dit : « le dur et le rigide sont les féaux de la mort, le tendre et le flexible les féaux de la vie. »

Rien de plus faible et fluide que l’eau, mais pour entamer ce qui est dur et fort, rien ne la surpasse, rien ne la remplace. Que l’eau vainque le dur comme le faible le fort, dans l’empire nul ne l’ignore mais nul n’en tire la leçon.

Le Lao-Tseu – Traduction Jean Levi – §76 et §78 – Albin Michel 2009 p.92 et sq.

Pour vivre dans un monde d’amour, il faut aimer.

La transformation au niveau psychique entraîne une transformation au niveau physique. Des émotions extrêmes et prolongées ont un effet sur les perceptions sensorielles (Qiao), faisant obstacle au développement d’autres possibilités et déterminant certaines attitudes personnelles.

À terme, une personne qui est constamment en colère cherchera toujours à se mettre dans des situations qui lui permettent d’être en colère : dans ses relations avec les autres, dans les paroles qui lui déplaisent, elle ne retient que ce qui provoque sa colère. Elle développe une attitude de colère envers la vie.
Une personne en colère vit dans un monde en colère.
De la même façon, une personne dépressive vit dans un monde dépressif.
Si l’on désire vivre dans un monde d’amour, il faut avant tout aimer.

Si l’on éprouve de la colère envers quelqu’un, cette colère produit de la frustration, la frustration peut engendrer le ressentiment. Mais en éprouvant ce sentiment on finit par créer un lien avec la personne contre laquelle on est en colère. Souvent, la colère est générée par le fait que la personne ne répond pas aux attentes ou qu’elle ne rend pas autant que ce qu’on lui donne.
Si l’on on se rend compte que ce que l’on fait ne devrait pas provoquer chez nous l’attente de recevoir quelque chose en échange on peut changer la colère en bienveillance. Les émotions peuvent donc être le facteur d’apprentissage d’un comportement différent par rapport à la société.

Simongini & Bultrini ; Le psychisme dans la médecine chinoise ; Quintessence, 2014, p. 56 sq.

Dans la lenteur se juge la maîtrise

Ce n’est pas une caresse. Ne vous y trompez pas.
Il y a dans cette main une grande force…
Une grande force et une extrême lenteur.
Et c’est là, dans cette lenteur que se juge
votre compréhension, votre maitrise.
Plus votre geste est lent et continu, plus l’effet,
mystérieusement est profond.

Frédérick Leboyer ; Shantala, un art traditionnel, le massage des enfants. Seuil, 1996, p.75.

QUI CONNAIT L’HOMME, CONNAIT LE MONDE

Qui connait l’Homme connaît le Monde et la structure de l’Univers comme son histoire. Nul besoin de constituer, à grand-peine, des sciences spéciales : le Savoir est un. Le géographe n’ignore rien des montagnes dès qu’il a reconnu en elles les os de la terre…

La pensée chinoise, Marcel Granet, Albin Michel 2002, p. 315

Yin Yang

«Yin, c’est ce qui va devenir Yang ; Yang, c’est ce qui va devenir Yin»

Wang Bi (226-249)

Ni attributs ni états, mais propensions et manières d’agir, Yin et Yang seront toujours mieux compris avec des verbes qu’avec des noms ou des adjectifs. Yin, par exemple, n’est ni souple ni souplesse, mais ce qui assouplit, en écho Yang n’est ni ferme ni fermeté, mais ce qui raffermit ; Yin ce qui stabilise et Yang ce qui tend à changer (…) Yin ce qui restaure les forces et Yang ce qui les dépense ; Yin ce qui intériorise et Yang ce qui extériorise, etc. Le Yin n’est pas le froid, mais le refroidissement à l’œuvre à l’automne, comme le Yang n’est pas la chaleur, mais le réchauffement qui se développe au printemps. (…)
La manière dont les attributs caractéristiques de Yin/Yang sont généralement présentés dans les ouvrages occidentaux, les uns à la suite des autres, chacun à l’intérieur de cases fermées et disposées en deux colonnes, est très insidieuse. Cet aspect bien ordonné contribue à ancrer, inconsciemment, l’existence d’une nature Yin et d’une nature Yang, réelles, distinctes et séparées (…) qui transforment ces emblèmes chinois de la fluidité en entités fixes et rigides.
(Cyrille Javary, La Souplesse du Dragon, Albin Michel 2014, p.125.)

Yin Yang - le Tai Ji Tu
Tai Ji Tu

De la signification première des idéogrammes « Yin » et « Yang » dérive une propriété constitutive du système Yin-Yang : sa disposition à se dupliquer à l’infini. Dès que l’on cherche à isoler l’un des deux termes pour en faire une qualité propre, exclusivement Yin ou exclusivement Yang, aussitôt le système binaire se reforme. Prenons l’exemple d’un aimant droit avec ses deux pôles à chaque extrémité, l’un positif, l’autre négatif. Si on le coupe en deux, on n’aura pas d’un côté un pôle positif et de l’autre un pôle négatif, mais deux aimants droits, plus petits, ayant chacun un pôle à chaque extrémité. Autre exemple : le fait de restaurer ses forces et de dépenser ses forces. Il apparaît évident de ranger la dépense des forces sous l’aile de Yang et leur restauration sous celle de Yin. Mais appelle a-t-on opéré cette division que l’on s’aperçoit que la restauration des forces présente aussitôt un double aspect : il y a en effet deux manières de reconstituer ses forces, l’une Yin – dormir –, l’autre Yang – manger.
(Cyrille Javary, Yin Yang, Albin Michel 2018, p.75.)

LA VIE RÉAGIT À LA CONFIANCE

Rien n’intensifie davantage la force vitale d’un individu que la foi dans une promesse de libération. En fait, c’est la vie qui réagit à la confiance, et rien n’est plus précieux à la vie que la liberté. Dans la thérapie shiatsu, avoir confiance dans la vie du patient signifie avoir confiance en la guérison des maladies par la propre force vitale de celui-ci… La vie réagit négativement à la contrainte et positivement à la confiance.

(Ryoku Endo, Tao Shiatsu, Trédaniel 1999, page 95)