le corps – Raphaël Noica

Nous vivons inconsciemment une hérésie : le dualisme. Nous pensons que l’esprit est autre chose que la chair et le sang, bien que ce soit dans cette chair et ce sang que nous recevions la grâce, bien que nous entendions dire dans les Écritures que ce corps-là tel qu’il est, doit devenir TEMPLE du Saint-Esprit. Voilà que le Psaume 50 mentionne le Sion et Jérusalem et, selon les philocaliques, ce Sion qui est justement notre cœur — où le Nom du Seigneur doit demeurer à jamais. Faites attention à ceci — et si ce que j’essaye d’exprimer est maladroit, j’espère que Dieu vous aidera à comprendre : une bonne assise dans notre corps est un acte spirituel. Bien comprendre notre chair et notre sang est un acte spirituel et nous met dans l’Esprit. Mais je ne saurais pas l’expliciter beaucoup plus, si ce n’est que, tant qu’on est dans une dichotomie entre la chair et l’esprit, on est dans un degré d’erreur de cette hérésie du dualisme, selon laquelle la chair est mauvaise et l’esprit est bon.

Hiéromoine Raphaël Noica

atelier du 9 novembre 2019

pied équilibre et mouvement - méthode Ehrenfried

Respirer des pieds à la tête

Samedi 9 novembre, je vous propose un nouvel atelier de Gymnastique Holistique Ehrenfried prévu sur deux temps indépendants. Vous pourrez ainsi explorer dans la détente les deux extrémités du corps et expérimenter leurs relations réciproques.

Le matin, vous prendrez conscience de l’importance des pieds et des membres inférieurs dans la mise en place de la verticalité et l’harmonie de toute votre structure. L’après-midi, nous nous intéresserons à la liberté du tronc cervical et à l’épanouissement de la tête, pour un meilleur relâchement des épaules et du bassin.

atelier du 9 novembre 2019 : le matin

Notre équilibre, notre verticalité, les mouvements du corps dans l’espace dépendent de la qualité des informations que nous récoltons. Il s’agira donc de s’éveiller à de nouvelles sensations par la redécouverte et l’amélioration des appuis, de la stabilité et de l’ancrage au sol, avec le soutien du plancher pelvien. Les exercices proposés seront volontairement simples et accessibles, pour vivre de nouveaux apprentissages et faciliter l’écoute intérieure. Mais les effets ne manqueront pas de vous surprendre : détente profonde, libération globale… Par un travail accompli dans la douceur et la lenteur vous permettrez à votre corps d’améliorer la construction de son équilibre et de son mieux-être.

atelier du 9 novembre 2019 : l’après midi

La colonne cervicale, relie la tête au tronc et la soutient par le jeu subtil des muscles et des vertèbres. Elle permet aussi mobilité et stabilité. C’est une structure fragile et complexe. Toute cette chaine à besoin d’un équilibre entre ces maillons. La trop forte tension ou la faiblesse de l’un aura des répercutions sur l’autre. Les tassements, les raccourcissements, les traumatismes nuisent a un placement optimal de la tête… sur les épaules ! Grace à la méthode Ehrenfried, en allongeant chaque muscle et chaque ligament, la colonne cervicale s’assouplit. Vous améliorez ainsi la construction de votre équilibre et de votre mieux-être. À partir du travail sur le pied, en passant par le basin, les épaules, puis la nuque, vous expérimenterez la réalité de cet axe vivant qui uni les pieds à la tête.

Rendez-vous au « Chemin du Corps « 
25 rue d’Alsace à Carcassonne.
Inscription sur Talentschezmoi.fr
25 euros les deux heures.
Inscription pour le matin I Inscription pour l’après midi

le corps produit continuellement du sens

Exister, signifie d’abord se mouvoir de manière intelligible pour soi et pour les autres dans un espace et une durée, transformer son environnement grâce à une somme de gestes efficaces, trier et attribuer une signification et une valeur aux stimuli innombrables de l’environnement grâce aux activités perceptives, livrer à l’adresse des autres une parole, mais aussi un répertoire de gestes et de mimiques, un ensemble de ritualités corporelles répondant avec un style propre aux attentes communes. C’est aussi traduire une affectivité à travers une manière d’être, des usages particuliers du visage et du corps. À travers sa corporéité, l’homme fait du monde la mesure de son expérience. Il le transforme en un tissu familier et cohérent, disponible à son action et perméable à sa compréhension. Émetteur ou récepteur, le corps produit continuellement du sens, il insère ainsi l’homme à l’intérieur d’un espace social et culturel donné.

David LE BRETON, Anthropologie du corps et modernité
PUF 2008, page 18

atelier du 28 septembre 2019

SAMEDI 28 SEPTEMBRE : 
PREMIER ATELIER COLLECTIF DE GYMNASTIQUE HOLISTIQUE EHRENFRIED DE LA NOUVELLE SAISON !
L’occasion idéale pour se plonger, dès la rentrée, dans une pratique fluide et détendue. Nous essayerons, au cours de cet atelier de deux heures, de développer les mouvements proposés en oubliant la notion d’objectif ou la recherche de la perfection. Sans chercher à en faire trop, sans professeur à imiter, juste installer son corps dans la détente… et lui laisser la possibilité de retrouver son propre chemin par le mouvement et la respiration.

Samedi 28 septembre, de 10h à 12h au 25 rue d’Alsace à Carcassonne. Inscription sur talentschezmoi.fr

La respiration, principale fonction de relation.

Le respir, le souffle, représente le premier contact de l’être humain avec son environnement naturel. Du premier cri du nouveau-né, jusqu’au dernier souffle du mourant, sans relâche (la respiration) accomplira sa mission : nourrir l’être physique de la principale force vitale, l’air ambiant. Elle permet aussi la relation verbale avec autrui. (…)

Sommes-nous assez conscient de l’influence que la qualité de notre respiration peut avoir sur notre équilibre général ? La circulation sanguine et l’état nerveux, principaux facteurs de santé, dépendent fondamentalement de la respiration, comme l’état du psychisme et du mental. Ainsi s’explique l’intérêt que les Anciens attachaient à la respiration. (…) On remarquera que la respiration est la seule fonction dépendant du système neuro-végétatif qui soit néanmoins sous le contrôle de la volonté. Aussi représente-t-elle la seule possibilité pour l’être conscient d’agir directement sur la fonction neuro-végétative dont on connait l’étroite relation avec le psychisme. Il y a une interdépendance constante entre état émotif et respiration. De même que les émotions influencent la respiration, la respiration influence les émotions.

LA RELAXATION ACTIVE, Maurice MARTENOT, Le Courrier du Livre, 2015, p. 34

Tonicité musculaire et émotions

Pour le nourrisson, l’état de tension est associé au déplaisir, et la détente au plaisir. Tout le monde a pu effectivement constater que le bébé en état de besoin (qui a faim par exemple) manifeste un état de tension corporelle rapidement généralisée : il tend les bras, serre les points, redresse la tête en tendant son axe vertébral, jusqu’à crier ou perdre son souffle. Puis, dès que le besoin est satisfait, l’enfant se détend progressivement : ses membres se relâchent, sa respiration s’apaise. Le tonus à ici une fonction d’information des états de base du bébé, non parce que le bébé donne lui-même volontairement un sens à ses variations toniques, mais parce que, de fait, ses variations accompagnent de manière significative ses besoins, ses demandes et ses humeurs. Le tonus devient véritablement communication à partir du moment ou il trouve un écho dans l’entourage, qui lui donne sens et y répond à sa façon. (…)

Même quand le langage apparaît, le corps ne perd pas pour autant sa fonction expressive, ni ne disparaît de la communication. À l’âge adulte, la fonction tonique reste le véhicule d’une forte charge émotionnelle, comme un langage d’avant les mots qui continue à parler en amont ou au-delà des mots. La mauvaise répartition des tensions corporelles est un obstacle à l’aisance naturelle du corps, mais aussi à la fluidité psychologique de la personne ; car cela fonctionne dans les deux sens : un tonus trop élevé signe une surcharge affective, un non-dit ou un excès de stress ; en retour, il entretient la difficulté qui est à son origine. Comme les animaux qui raidissent leurs membres face à un danger, l’homme raidit son corps face à une situation difficile, qu’elle soit physique ou psychologique, ponctuelle ou permanente. Ses attitudes, postures, gestes, continuent ainsi à avoir un sens pour l’interlocuteur, sens aussi fort et si présent qu’il prime parfois sur le contenu verbal du message (par exemple, on reconnaît le mensonge ou la gêne à des attitudes corporelles en contradiction avec ce qui est dit).

Ève BERGER
Le mouvement dans tous ces états
Point d’appui, 1999

l’expérience de la lenteur

Il suffit de s’installer à une terrasse de café et d’observer les gens, pour s’apercevoir à quel point la gestuelle usuelle est rapide, et à quel point cette vitesse mécanisée entretien le caractère automatique du mouvement, ne laissant aucune place pour d’autres sensations que celle, grossière, de bouger d’un endroit à un autre. (…)
Un premier bienfait de la lenteur est le repos qu’elle procure : s’offrir un mouvement très lent, c’est offrir au corps une pause dans une existence au rythme effréné.
Mais surtout, la lenteur est un élément clé de la perception du mouvement sensoriel, et ceci pour deux raisons : tout d’abord, elle offre le temps de prendre conscience du déroulement du mouvement, ouvrant ainsi un espace d’observation, de vigilance, dans lequel on peut capter nombre d’informations jusque-là inconscientes. C’est comme un film au ralenti, où l’on arrive à percevoir des choses qui était indétectable à la vitesse normale. (…)

Le mouvement lent bénéficie d’une assistance proprioceptive continue tout au long de son exécution, contrairement au mouvement rapide, du fait de la brièveté de ce dernier et des délais d’intervention des boucles proprioceptives. Il y aurait en quelque sorte « plus » à sentir dans un mouvement lent que dans un mouvement rapide. (…)

Les stratégies pour ralentir la vitesse gestuelle sont nombreuses. L’élève débutant a tendance à exercer un jeu subtil de contractions musculaires ; il n’obtient alors qu’une lenteur retenue, qui ne donne accès à aucune sensation car la contraction musculaire éteint et étouffe les sensations intérieures. Un mouvement lent est de toutes façons spontanément plus contrôlé qu’un mouvement rapide. Il faut ici un incertain entraînement au relâchement musculaire pour obtenir une lenteur que l’on pourrait qualifier de « ni retenue, ni dirigée ». (…)
Être dans la lenteur, c’est être simplement dans le temps du corps, le temps de l’écoute, le temps de la rencontre, sensible. La lenteur, c’est une densité de l’espace, et une intensité du temps ; elle est le rail sur lequel la conscience se pose et voyage au sein du corps. C’est la voie d’accès à la profondeur du corps et à l’émergence de l’intériorité. Elle signe le passage entre le faire et l’être.

Ève BERGER, LE MOUVEMENT DANS TOUS CES ÉTATS, Point d’appui, 1999, p. 99 et sq.

être de nouveau soi-même

La maladie est la manifestation d’un déséquilibre interne. Cette expression du déséquilibre concerne souvent l’être tout entier. En pratique, elle peut-être plus facilement identifiable sur l’un des trois plans de l’existence : physique, psychique ou spirituel. La médecine chinoise cherche à agir de manière concomitante sur le niveau physique et psychique (médecine psycho-viscérale). La méthode Ehrenfried cherche une solution par l’éducation du corps. D’autres thérapeutiques ne considèrent que l’expression pathologique du psychisme et dénoue l’écheveau de la maladie à partir des émotions. Le but est toujours de chercher à guérir la totalité de l’être, dans son unité, pour être de nouveau soi-même.

« Ce qui guérit, c’est de ramener un patient qui n’est pas tout à fait lui-même à être de nouveau tout à fait lui-même ».

Edward Bach

éveil et présence dans la pratique

Dans la vie normale, habituelle, ordinaire, il y a un manque d’éveil et de présence dans les expériences que nous vivons, qu’elles soient du domaine de l’émotionnel, de la sensorialité, de la mémoire ou autre encore. C’est justement cet état que les phénoménologues, comme Husserl, on nommé attitude naturelle, et qui est d’appréhender le monde comme quelque chose d’évident, d’immédiatement « donné ». Toute l’attitude des phénoménologues consiste à regarder ce comportement naturel comme une forme d’aveuglement et d’obstacle à la perception profonde de l’expérience dans toutes ses modalités (sensorielles, émotionnelles, pensées). (…)

Les phénoménologues appelaient « réduction », la suspension de ce comportement naturel, afin de pouvoir apprécier l’intensité et la profondeur de l’expérience immédiate. L’expérience vécue peut-être précisément définie dans ce cadre : c’est l’expérience, mais « révélée » par la réduction. Réduction veut donc essentiellement dire arrêt de tout l’automatisme habituel, de tous les flux, de toute la continuité de l’activité mentale, pour faire en sorte que l’expérience redevienne brillante, fraîche et neuve. C’est cela qu’exprimait Husserl quand il caractérisait la tradition phénoménologique comme étant le fait de « revenir aux choses mêmes » ; ce qui ne doit pas être compris comme étant une sorte d’objectivisme étrange, mais plutôt comme le fait de laisser l’expérience redevenir épaisse et pleine. (…)

Mais cette présence attentive, comme l’ont dit également les phénoménologues, n’est pas spontanée. Il faut la cultiver, en faire l’apprentissage et, comme tout geste, la répéter, l’acquérir de façon très progressive. On passe donc par toute les étape de l’apprentissage en commençant par être débutant, puis par avoir une certaine habileté, jusqu’à arriver à un niveau de maîtrise ou la technique n’est même plus nécessaire. Et alors l’attitude de lâcher-prise et d’espace devient totalement inséparable de la vie quotidienne.

Le corps et l’expérience vécue ; Francisco Varela.
Les Chemins du Corps ; Albin Michel, 1996

médecine curative, médecine préventive

Par tradition, la médecine est conçue pour l’homme malade. Elle est tournée vers la réparation de la maladie à n’importe quel prix. Cependant, la médecine ne doit-elle pas sortir de sa « fonction curative », hypertrophiée, coûteuse et insupportable à terme sur le plan économique ? L’aménagement de la « fonction préventive » ferait évoluer la médecine du seul versant maladie/mort vers l’autre versant, celui de la santé et de la vie. Elle serait alors conçue pour les hommes bien portant, et pas seulement pour les hommes malades. (…) Si la médecine curative est plutôt l’affaire d’individus, les malades et les médecins, la médecine préventive est l’affaire de tous. (…) 
Sur un bateau, tous les hommes doivent être bien portants(…).  Le médecin de bord n’est donc pas seulement un hygiéniste, qui s’intéresse à la nutrition, aux conditions de vie sur le bateau, mais aussi un homme de prévision chargé de réunir les conditions nécessaires à la poursuite de l’objectif annoncé. Il se situe sur le versant de la prévention et de la vie, pour préserver l’équipage et pour faire vivre le bâtiment. Il ne passe du côté de la maladie et et de la mort que par accident.
Dans le même esprit, le médecin de l’ancienne Chine était rémunéré par les biens portants qui, sitôt malades, ne le payaient plus : ils devenaient ainsi des biens portants récalcitrants. (…)

LE « BUSINESS », C’EST LA MALADIE

À l’inverse, La formation de nos médecins et l’organisation de notre médecine privilégient la maladie et la mort aux dépens de la santé et de la vie. La santé est réduite par la médecine à l’état de son sous-ensemble, la maladie. (…)Le médecin est formé, conditionné, rémunéré pour cela. L’apprentissage de l’anatomie qui constitue encore une grande partie du savoir médical ce fait par dissection sur le cadavre. (…) L’étymologie même du mot « médecin » rejoint celle de soigner, de remède, d’amélioration. D’où l’idée de médecin « soignant » ou « distributeur de soins » comment on l’appelle aujourd’hui. Dès lors comment envisager une reconversion dans la prévention ? Car le business, c’est la maladie. Et tout ce qui rapporte ou permet d’être honoré dans le groupe social par les signes extérieurs de la réussite touche à la maladie : diagnostiquer, traiter opérer.
 
Docteur François RÉGNIER, LA MÉDECINE POUR OU CONTRE LES HOMMES, Belfond, 1976. p.25 et sq.