TONIFIER LE CENTRE

Tonifier le centre : atelier de gymnastique holistique méthode du docteur Ehrenfried - Paul Siemen

atelier du samedi 29 février 2020

Tonifier le centre, c’est d’abord découvrir cette zone du corps trop souvent méconnue. Puis, une invitation à se déployer, dans la lenteur et la détente grâce à ce nouvel atelier de Gymnastique Holistique Ehrenfried. Il se déroulera sur deux temps indépendants (de 10h à 12h et de 14h à 16h). La méthode Ehrenfried, c’est une exploration corporelle éducative et préventive, à partir de gestes lents, d’étirements, d’auto-massages, pour retrouver plus d’indépendance, de mobilité, d’expressivité.

le centre : périnée, bassin, sangle abdominale…

La matinée permettra une approche du travail du périnée, ou plancher pelvien. Le périnée, on en parle beaucoup, mais on ne sait pas trop de quoi il s’agit. On dit qu’il est, suivant une étymologie fantaisiste, comme « autour du temple » peri naos ou encore, que nous « habitons autour » peri naios. Le périnée, c‘est « Hui Yin » (réunion des Yin) des pratiquants de qigong ou le « verrou de la racine » des yogis. La conscience de cette partie du corps est souvent vague, fragmentaire et son utilisation incertaine. Pourtant, la connaissance du fonctionnement de ce groupe de muscles est indispensable dans de nombreuses pratiques corporelles : yoga, qigong, pilates, chant, arts martiaux, danse… et évidement dans les actes de tous les jours. (Petit détail important : les hommes aussi ont un périnée… cet atelier n’est donc pas réservé qu’aux femmes !).

L’après-midi, nous explorerons, dans une détente active, l’espace situé au bas du ventre, limité en haut par le nombril, en bas par la pointe du sacrum, à gauche et à droite par les os iliaques et en arrière par la zone lombaire. C’est ici qu’est notre centre de gravité, en grande partie ceint par une structure osseuse qui le protège, mais aussi le rigidifie. Les chinois y situent un centre énergétique, appelé « l’océan des souffles » ou encore « le champ de cinabre » en référence à l’alchimie taoïste.

Dans la continuité de cette prise de conscience, nous mobiliserons en douceur, pour les réveiller, les articulations du bassin, les hanches, la charnière lombo-sacrée. Nous tonifierons la sangle abdominale, de manière intelligente, afin d’éviter les problèmes « d’hyperpression » et donc l’écrasement de la masse viscérale. Tous ces lieux, liés au périnée que nous aurons préparé le matin, sont impliqués dans les mouvements de la vie quotidienne. Ils ont un grand rôle dans notre stabilité, notre verticalité, nos déplacements. Ils déterminent notre aisance… ainsi que notre force intérieure.

…grâce à la méthode Ehrenfried.

Lily Ehrenfried a démontré l’importance du périnée dans les nombreux aspects de notre vie quotidienne. (Et donc bien avant les remarquables travaux de Bernadette de Gasquet ou de Blandine Calais Germain). Il est essentiel dans le placement du bassin et donc dans notre statique et nos mouvements. Encore avant elle, de nombreuses pratiques corporelles venues d’Orient ont mis l’accent sur la conscience et la stimulation de cette zone corporelle.

Prendre conscience du mouvement, sentir ce qui fait du bien pour retrouver une vraie mobilité, prendre le temps de ressentir, d’éprouver et non de brutaliser le corps… Tels sont les moyens proposés par la méthode Ehrenfried ou Gymnastique Holistique. Elle fut l’une des premières démarches occidentales à faire intervenir la relaxation, la sensation, la respiration… En cela, elle a ouvert la voie aux autres gymnastiques douces. Elle rappelle que l’être humain est un tout, du bout des pieds au sommet du crâne, de la surface de la peau aux plus profondes émotions.

Ici, l’élève ne travaille pas par mimétisme ou imitation. Rien n’est imposé, rien n’est programmé. Chacun est unique, et toute expérience ne peut être qu’individuelle. Dans les moments de silence intérieur, c’est à vous de sentir, ressentir, comment les mouvements corporels proposés mènent vers l’ouverture et l’allongement. Pratiquer la Gymnastique Holistique Ehrenfried c’est pouvoir changer sa façon de bouger. C’est modifier ses postures, ses habitudes gestuelles, en accord avec ses sensations profondes. Petit à petit, vous vous alignez, vous devenez flexibles, toniques… Vous êtes encore plus vivant.

Rendez-vous au « Chemin du Corps « 
25 rue d’Alsace à Carcassonne.
Inscription sur Talentschezmoi.fr
30 euros la matinée, 25 euros l’après midi.
Inscription pour le matin I Inscription pour l’après midi

atelier du samedi 18 janvier 2020

Libérer le geste - Atelier de Gymnastique Holistique Ehrenfried animé par Paul Siemen

LIBÉRER LE GESTE

Une invitation à se déployer, dans la lenteur et la détente dans un nouvel atelier de Gymnastique Holistique Ehrenfried. Il se déroulera, comme précédemment, sur deux temps indépendants (de 10h à 12h et de 14h à 16h). À partir de gestes lents, d’étirements, d’auto-massages, la méthode Ehrenfried est une exploration corporelle éducative et préventive pour retrouver plus d’indépendance, de mobilité, d’expressivité. Méthode complète en elle-même, elle peut aussi être utilisée comme démarche transversale pour affiner les autres pratiques corporelles (yoga, qigong, arts martiaux, danse, chant, pratique musicale…).

épaules, coudes, bras, mains…

Nous avons beaucoup à apprendre sur nos membres supérieurs, principaux « actionneurs » du geste et donc, source majeure de problèmes physiques. Ces membres sont peu connus en eux-mêmes : qui sait que les muscles fléchisseurs des doigts prennent racine au-dessus du coude ? Par ailleurs, nous oublions trop souvent qu’ils sont en étroite interdépendance avec le reste du corps. Dans des cas particuliers, on peut résoudre des crispations du cinquième doigt en apprenant à plier les genoux, car l’origine de la tension se situe là ! En dénouant localement une tension, on dénoue donc toute une chaîne musculaire qui coure des genoux aux doigts.

Il suffit d’avoir été blessé à l’épaule ou au coude, de souffrir de douleurs dans ces articulations, pour savoir que la main ne sert alors plus à grand chose. Après un immobilisation du bras ou de la ceinture scapulaire, le principal bénéfice ressenti est de retrouver la pleine efficacité de la main. Le bon usage de la main, la qualité du geste, c’est donc en premier lieu apprendre à utiliser tout le membre supérieur dans la mobilité de ses articulations (poignet, coude, épaule).

En fait, de la qualité musculaire, articulaire et nerveuse de notre corps entier dépend notre liberté de mouvement. Et par là même notre adaptation aux évènements de tous les jours. Les contractions répétées, les tensions inutiles mènent immanquablement à un raccourcissement général, à une perte de mobilité et de précision gestuelle. Ouvrir le corps et le libérer de ses tensions, c’est aider à s’ouvrir de tout notre être.

…grâce à la méthode Ehrenfried.

Prendre conscience du mouvement, sentir ce qui fait du bien pour retrouver une vraie mobilité, prendre le temps de ressentir, d’éprouver et non de brutaliser le corps… Tels sont les moyens proposés par la méthode Ehrenfried ou Gymnastique Holistique. Elle fut l’une des premières démarches occidentales à faire intervenir la relaxation, la sensation, la respiration… En cela, elle a ouvert la voie aux autres gymnastiques douces. Comme les autres pratiques que je propose (shiatsu, qigong…), elle rappelle que l’être humain est un tout, du bout des pieds au sommet du crâne, de la surface de la peau aux plus profondes émotions.

Ici, l’élève ne travaille pas par mimétisme ou imitation. Rien n’est imposé, rien n’est programmé. Chacun est unique, et toute expérience ne peut être qu’individuelle. Dans les moments de silence intérieur, c’est à vous de sentir, ressentir, comment les mouvements corporels proposés mènent vers l’ouverture et l’allongement. Pratiquer la Gymnastique Holistique Ehrenfried c’est pouvoir changer sa façon de bouger. C’est modifier ses postures, ses habitudes gestuelles, en accord avec ses sensations profondes. Petit à petit, vous vous alignez, vous devenez flexibles, toniques… Vous êtes encore plus vivant.

Rendez-vous au « Chemin du Corps « 
25 rue d’Alsace à Carcassonne.
Inscription sur Talentschezmoi.fr
25 euros les deux heures.
Inscription pour le matin I Inscription pour l’après midi

atelier du samedi 7 décembre 2019

liberté de la colonne vertébrale : un atelier de gymnastique holistique méthode du docteur Ehrenfried

LIBERTÉ DE LA COLONNE VERTÉBRALE

Un nouvel atelier de Gymnastique Holistique Ehrenfried sur deux temps pour améliorer et préserver la santé de la colonne vertébrale.

Une invitation à se déployer, dans la lenteur et la détente, du coccyx à l’occiput et des pieds à la tête. Cet atelier peut se savourer sur deux heures, ou mieux sur quatre heures, pendant lesquelles nous pourrons découvrir, ressentir et améliorer la mobilité du rachis.

détente, mobilité, équilibre…

La colonne vertébrale est posée sur le bassin. Elle supporte le poids du corps, et des charges beaucoup plus importantes, grâce à la succession de trois courbures physiologiques : lordose lombaire, cyphose dorsale, lordose cervicale. Chaque zone de changement de courbure, appelée charnière, devrait avoir une belle mobilité, être souple, s’adapter à chaque situation. Malheureusement les raccourcissements musculaires, les tassements vertébraux limitent nos mouvements et donc notre liberté gestuelle et posturale. La raideur provoque des douleurs qui, à leur tour, rigidifient le rachis. Ces douleurs peuvent s’étendre des vertèbres cervicales au coccyx. La zone lombaire est fréquemment atteinte et la lombalgie touche 84% des Français.

Depuis peu, les professionnels de santé ne cessent de le répéter : pour soulager les douleurs du dos, il est important de pratiquer une activité physique, il faut bouger. Mais il ne faut pas bouger n’importe comment : il s’agit de retrouver, dans le calme et la conscience, les mouvements qui vont nous aider. Principe de base : les mouvements sont utiles à condition qu’ils soient effectués en toute conscience et dans la détente.

…grâce à la méthode Ehrenfried.

Prendre conscience du mouvement, sentir ce qui fait du bien pour retrouver une vraie mobilité, prendre le temps de ressentir, d’éprouver et non de brutaliser le corps… Tels sont les moyens proposés par la méthode Ehrenfried ou Gymnastique Holistique. Elle fut l’une des premières démarches occidentales à faire intervenir la relaxation, la sensation, la respiration… En cela, elle a ouvert la voie aux autres gymnastiques douces. Comme les autres pratiques que je propose (shiatsu, qigong…), elle rappelle que l’être humain est un tout, du bout des pieds au sommet du crâne, de la surface de la peau aux plus profondes émotions.

Ici, l’élève ne travaille pas par mimétisme ou imitation. Rien n’est imposé, rien n’est programmé. Chacun est unique, et toute expérience ne peut être qu’individuelle. Dans les moments de silence intérieur, c’est à vous de sentir, ressentir, comment les mouvements corporels proposés mènent vers l’ouverture et l’allongement. Pratiquer la Gymnastique Holistique Ehrenfried c’est pouvoir changer sa façon de bouger. C’est modifier ses postures, ses habitudes gestuelles, en accord avec ses sensations profondes. Petit à petit, vous vous alignez, vous devenez flexibles, toniques… Vous êtes encore plus vivant.

Rendez-vous au « Chemin du Corps « 
25 rue d’Alsace à Carcassonne.
Inscription sur Talentschezmoi.fr
25 euros les deux heures.
Inscription pour le matin I Inscription pour l’après midi

atelier du 9 novembre 2019

pied équilibre et mouvement - méthode Ehrenfried

Respirer des pieds à la tête

Samedi 9 novembre, je vous propose un nouvel atelier de Gymnastique Holistique Ehrenfried prévu sur deux temps indépendants. Vous pourrez ainsi explorer dans la détente les deux extrémités du corps et expérimenter leurs relations réciproques.

Le matin, vous prendrez conscience de l’importance des pieds et des membres inférieurs dans la mise en place de la verticalité et l’harmonie de toute votre structure. L’après-midi, nous nous intéresserons à la liberté du tronc cervical et à l’épanouissement de la tête, pour un meilleur relâchement des épaules et du bassin.

atelier du 9 novembre 2019 : le matin

Notre équilibre, notre verticalité, les mouvements du corps dans l’espace dépendent de la qualité des informations que nous récoltons. Il s’agira donc de s’éveiller à de nouvelles sensations par la redécouverte et l’amélioration des appuis, de la stabilité et de l’ancrage au sol, avec le soutien du plancher pelvien. Les exercices proposés seront volontairement simples et accessibles, pour vivre de nouveaux apprentissages et faciliter l’écoute intérieure. Mais les effets ne manqueront pas de vous surprendre : détente profonde, libération globale… Par un travail accompli dans la douceur et la lenteur vous permettrez à votre corps d’améliorer la construction de son équilibre et de son mieux-être.

atelier du 9 novembre 2019 : l’après midi

La colonne cervicale, relie la tête au tronc et la soutient par le jeu subtil des muscles et des vertèbres. Elle permet aussi mobilité et stabilité. C’est une structure fragile et complexe. Toute cette chaine à besoin d’un équilibre entre ces maillons. La trop forte tension ou la faiblesse de l’un aura des répercutions sur l’autre. Les tassements, les raccourcissements, les traumatismes nuisent a un placement optimal de la tête… sur les épaules ! Grace à la méthode Ehrenfried, en allongeant chaque muscle et chaque ligament, la colonne cervicale s’assouplit. Vous améliorez ainsi la construction de votre équilibre et de votre mieux-être. À partir du travail sur le pied, en passant par le basin, les épaules, puis la nuque, vous expérimenterez la réalité de cet axe vivant qui uni les pieds à la tête.

Rendez-vous au « Chemin du Corps « 
25 rue d’Alsace à Carcassonne.
Inscription sur Talentschezmoi.fr
25 euros les deux heures.
Inscription pour le matin I Inscription pour l’après midi

atelier du 28 septembre 2019

SAMEDI 28 SEPTEMBRE : 
PREMIER ATELIER COLLECTIF DE GYMNASTIQUE HOLISTIQUE EHRENFRIED DE LA NOUVELLE SAISON !
L’occasion idéale pour se plonger, dès la rentrée, dans une pratique fluide et détendue. Nous essayerons, au cours de cet atelier de deux heures, de développer les mouvements proposés en oubliant la notion d’objectif ou la recherche de la perfection. Sans chercher à en faire trop, sans professeur à imiter, juste installer son corps dans la détente… et lui laisser la possibilité de retrouver son propre chemin par le mouvement et la respiration.

Samedi 28 septembre, de 10h à 12h au 25 rue d’Alsace à Carcassonne. Inscription sur talentschezmoi.fr

La respiration, principale fonction de relation.

Le respir, le souffle, représente le premier contact de l’être humain avec son environnement naturel. Du premier cri du nouveau-né, jusqu’au dernier souffle du mourant, sans relâche (la respiration) accomplira sa mission : nourrir l’être physique de la principale force vitale, l’air ambiant. Elle permet aussi la relation verbale avec autrui. (…)

Sommes-nous assez conscient de l’influence que la qualité de notre respiration peut avoir sur notre équilibre général ? La circulation sanguine et l’état nerveux, principaux facteurs de santé, dépendent fondamentalement de la respiration, comme l’état du psychisme et du mental. Ainsi s’explique l’intérêt que les Anciens attachaient à la respiration. (…) On remarquera que la respiration est la seule fonction dépendant du système neuro-végétatif qui soit néanmoins sous le contrôle de la volonté. Aussi représente-t-elle la seule possibilité pour l’être conscient d’agir directement sur la fonction neuro-végétative dont on connait l’étroite relation avec le psychisme. Il y a une interdépendance constante entre état émotif et respiration. De même que les émotions influencent la respiration, la respiration influence les émotions.

LA RELAXATION ACTIVE, Maurice MARTENOT, Le Courrier du Livre, 2015, p. 34

Tonicité musculaire et émotions

Pour le nourrisson, l’état de tension est associé au déplaisir, et la détente au plaisir. Tout le monde a pu effectivement constater que le bébé en état de besoin (qui a faim par exemple) manifeste un état de tension corporelle rapidement généralisée : il tend les bras, serre les points, redresse la tête en tendant son axe vertébral, jusqu’à crier ou perdre son souffle. Puis, dès que le besoin est satisfait, l’enfant se détend progressivement : ses membres se relâchent, sa respiration s’apaise. Le tonus à ici une fonction d’information des états de base du bébé, non parce que le bébé donne lui-même volontairement un sens à ses variations toniques, mais parce que, de fait, ses variations accompagnent de manière significative ses besoins, ses demandes et ses humeurs. Le tonus devient véritablement communication à partir du moment ou il trouve un écho dans l’entourage, qui lui donne sens et y répond à sa façon. (…)

Même quand le langage apparaît, le corps ne perd pas pour autant sa fonction expressive, ni ne disparaît de la communication. À l’âge adulte, la fonction tonique reste le véhicule d’une forte charge émotionnelle, comme un langage d’avant les mots qui continue à parler en amont ou au-delà des mots. La mauvaise répartition des tensions corporelles est un obstacle à l’aisance naturelle du corps, mais aussi à la fluidité psychologique de la personne ; car cela fonctionne dans les deux sens : un tonus trop élevé signe une surcharge affective, un non-dit ou un excès de stress ; en retour, il entretient la difficulté qui est à son origine. Comme les animaux qui raidissent leurs membres face à un danger, l’homme raidit son corps face à une situation difficile, qu’elle soit physique ou psychologique, ponctuelle ou permanente. Ses attitudes, postures, gestes, continuent ainsi à avoir un sens pour l’interlocuteur, sens aussi fort et si présent qu’il prime parfois sur le contenu verbal du message (par exemple, on reconnaît le mensonge ou la gêne à des attitudes corporelles en contradiction avec ce qui est dit).

Ève BERGER
Le mouvement dans tous ces états
Point d’appui, 1999

l’expérience de la lenteur

Il suffit de s’installer à une terrasse de café et d’observer les gens, pour s’apercevoir à quel point la gestuelle usuelle est rapide, et à quel point cette vitesse mécanisée entretien le caractère automatique du mouvement, ne laissant aucune place pour d’autres sensations que celle, grossière, de bouger d’un endroit à un autre. (…)
Un premier bienfait de la lenteur est le repos qu’elle procure : s’offrir un mouvement très lent, c’est offrir au corps une pause dans une existence au rythme effréné.
Mais surtout, la lenteur est un élément clé de la perception du mouvement sensoriel, et ceci pour deux raisons : tout d’abord, elle offre le temps de prendre conscience du déroulement du mouvement, ouvrant ainsi un espace d’observation, de vigilance, dans lequel on peut capter nombre d’informations jusque-là inconscientes. C’est comme un film au ralenti, où l’on arrive à percevoir des choses qui était indétectable à la vitesse normale. (…)

Le mouvement lent bénéficie d’une assistance proprioceptive continue tout au long de son exécution, contrairement au mouvement rapide, du fait de la brièveté de ce dernier et des délais d’intervention des boucles proprioceptives. Il y aurait en quelque sorte « plus » à sentir dans un mouvement lent que dans un mouvement rapide. (…)

Les stratégies pour ralentir la vitesse gestuelle sont nombreuses. L’élève débutant a tendance à exercer un jeu subtil de contractions musculaires ; il n’obtient alors qu’une lenteur retenue, qui ne donne accès à aucune sensation car la contraction musculaire éteint et étouffe les sensations intérieures. Un mouvement lent est de toutes façons spontanément plus contrôlé qu’un mouvement rapide. Il faut ici un incertain entraînement au relâchement musculaire pour obtenir une lenteur que l’on pourrait qualifier de « ni retenue, ni dirigée ». (…)
Être dans la lenteur, c’est être simplement dans le temps du corps, le temps de l’écoute, le temps de la rencontre, sensible. La lenteur, c’est une densité de l’espace, et une intensité du temps ; elle est le rail sur lequel la conscience se pose et voyage au sein du corps. C’est la voie d’accès à la profondeur du corps et à l’émergence de l’intériorité. Elle signe le passage entre le faire et l’être.

Ève BERGER, LE MOUVEMENT DANS TOUS CES ÉTATS, Point d’appui, 1999, p. 99 et sq.

éveil et présence dans la pratique

Dans la vie normale, habituelle, ordinaire, il y a un manque d’éveil et de présence dans les expériences que nous vivons, qu’elles soient du domaine de l’émotionnel, de la sensorialité, de la mémoire ou autre encore. C’est justement cet état que les phénoménologues, comme Husserl, on nommé attitude naturelle, et qui est d’appréhender le monde comme quelque chose d’évident, d’immédiatement « donné ». Toute l’attitude des phénoménologues consiste à regarder ce comportement naturel comme une forme d’aveuglement et d’obstacle à la perception profonde de l’expérience dans toutes ses modalités (sensorielles, émotionnelles, pensées). (…)

Les phénoménologues appelaient « réduction », la suspension de ce comportement naturel, afin de pouvoir apprécier l’intensité et la profondeur de l’expérience immédiate. L’expérience vécue peut-être précisément définie dans ce cadre : c’est l’expérience, mais « révélée » par la réduction. Réduction veut donc essentiellement dire arrêt de tout l’automatisme habituel, de tous les flux, de toute la continuité de l’activité mentale, pour faire en sorte que l’expérience redevienne brillante, fraîche et neuve. C’est cela qu’exprimait Husserl quand il caractérisait la tradition phénoménologique comme étant le fait de « revenir aux choses mêmes » ; ce qui ne doit pas être compris comme étant une sorte d’objectivisme étrange, mais plutôt comme le fait de laisser l’expérience redevenir épaisse et pleine. (…)

Mais cette présence attentive, comme l’ont dit également les phénoménologues, n’est pas spontanée. Il faut la cultiver, en faire l’apprentissage et, comme tout geste, la répéter, l’acquérir de façon très progressive. On passe donc par toute les étape de l’apprentissage en commençant par être débutant, puis par avoir une certaine habileté, jusqu’à arriver à un niveau de maîtrise ou la technique n’est même plus nécessaire. Et alors l’attitude de lâcher-prise et d’espace devient totalement inséparable de la vie quotidienne.

Le corps et l’expérience vécue ; Francisco Varela.
Les Chemins du Corps ; Albin Michel, 1996

médecine curative, médecine préventive

Par tradition, la médecine est conçue pour l’homme malade. Elle est tournée vers la réparation de la maladie à n’importe quel prix. Cependant, la médecine ne doit-elle pas sortir de sa « fonction curative », hypertrophiée, coûteuse et insupportable à terme sur le plan économique ? L’aménagement de la « fonction préventive » ferait évoluer la médecine du seul versant maladie/mort vers l’autre versant, celui de la santé et de la vie. Elle serait alors conçue pour les hommes bien portant, et pas seulement pour les hommes malades. (…) Si la médecine curative est plutôt l’affaire d’individus, les malades et les médecins, la médecine préventive est l’affaire de tous. (…) 
Sur un bateau, tous les hommes doivent être bien portants(…).  Le médecin de bord n’est donc pas seulement un hygiéniste, qui s’intéresse à la nutrition, aux conditions de vie sur le bateau, mais aussi un homme de prévision chargé de réunir les conditions nécessaires à la poursuite de l’objectif annoncé. Il se situe sur le versant de la prévention et de la vie, pour préserver l’équipage et pour faire vivre le bâtiment. Il ne passe du côté de la maladie et et de la mort que par accident.
Dans le même esprit, le médecin de l’ancienne Chine était rémunéré par les biens portants qui, sitôt malades, ne le payaient plus : ils devenaient ainsi des biens portants récalcitrants. (…)

LE « BUSINESS », C’EST LA MALADIE

À l’inverse, La formation de nos médecins et l’organisation de notre médecine privilégient la maladie et la mort aux dépens de la santé et de la vie. La santé est réduite par la médecine à l’état de son sous-ensemble, la maladie. (…)Le médecin est formé, conditionné, rémunéré pour cela. L’apprentissage de l’anatomie qui constitue encore une grande partie du savoir médical ce fait par dissection sur le cadavre. (…) L’étymologie même du mot « médecin » rejoint celle de soigner, de remède, d’amélioration. D’où l’idée de médecin « soignant » ou « distributeur de soins » comment on l’appelle aujourd’hui. Dès lors comment envisager une reconversion dans la prévention ? Car le business, c’est la maladie. Et tout ce qui rapporte ou permet d’être honoré dans le groupe social par les signes extérieurs de la réussite touche à la maladie : diagnostiquer, traiter opérer.
 
Docteur François RÉGNIER, LA MÉDECINE POUR OU CONTRE LES HOMMES, Belfond, 1976. p.25 et sq.